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Publié le samedi 24 janvier 2009


Samedi 24 janvier 2009

RAYMOND GRAVEL - La recette du terrorisme

À la suite de ma chronique précédente, j'ai reçu de nombreux courriels, certains m'accusant d'encourager le racisme, l'intolérance et l'antisémitisme. Pour d'autres, manifester pour dénoncer l'invasion israélienne à Gaza, c'est de la naïveté de gens bien intentionnés et c'est se faire complice du dangereux terrorisme palestinien.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, le gouvernement de George W. Bush a imposé aux pays occidentaux sa guerre aux terroristes et sa définition du terrorisme. Des pays ont été ciblés comme faisant partie de l'axe du mal. La guerre est déclarée.

Les États-Unis se battent seuls en Irak, et les pays de l'OTAN se retrouvent en Afghanistan, avec les résultats qu'on connaît : des milliers de jeunes soldats tués, des attentats quotidiens et des kamikazes de plus en plus nombreux.

Des groupes sont aussi visés : le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien. Ces mouvements radicaux sont déclarés terroristes, selon la définition qu'en ont donnée les Occidentaux. Et pendant ce temps, les Palestiniens élisent démocratiquement leur gouvernement composé de membres du Hamas. Comme il s'agit d'un mouvement terroriste, le Hamas n'a aucune crédibilité auprès du Conseil de sécurité des Nations unies, ce qui donne le droit aux Israéliens de massacrer impunément les Palestiniens, comme ils ont massacré les Libanais à l'été 2006, à cause du Hezbollah, avec l'appui de l'Occident.

EXAMEN DE CONSCIENCE

Au lieu de déclarer la guerre au terrorisme, après la tragédie de septembre 2001, les États-Unis se sont-ils interrogés sur les causes de ces attentats ? On a beau dire qu'ils proviennent de fanatiques religieux et d'extrémistes islamistes mais, après avoir affirmé cela, peut-on se demander ce qui pousse un être humain à se transformer en bombe pour détruire d'autres êtres humains ? Se peut-il qu'un changement de comportement radical s'impose en Occident ?

La politique israélienne n'est-elle pas un bel exemple d'un colonialisme sauvage à l'américaine ? Depuis 1947, les Israéliens n'ont jamais cessé d'envahir et de construire des colonies sur des terres appartenant aux Arabes de sorte qu'aujourd'hui, il n'y a plus que 10% du territoire partagé par l'ONU en 1947 qui appartient aux Palestiniens, et ce, sous le contrôle absolu d'Israël. Et on se demande pourquoi le Hamas lance des roquettes sur le sud d'Israël ? Que ferions-nous à leur place ?

Comme me l'écrivait un lecteur du Journal, les Israéliens n'ont jamais respecté les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. En 1967, après avoir envahi la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est, ils ont reçu ordre de libérer ces territoires. Ils ne se sont jamais conformés à cette demande de sorte qu'aujourd'hui, 3 millions de Palestiniens vivent sous l'occupation militaire illégale qui rend leur vie plus que misérable, invivable.

Et parce qu'une minorité de militants, plus radicaux que l'ensemble de la population, cherche à se libérer du joug israélien en utilisant des roquettes, le Tsahal, l'armée israélienne, bombarde des zones surpeuplées, détruisant tout sur son passage, tuant des centaines de civils, dont des femmes et des enfants.

La guerre, l'oppression, la torture et les mauvais traitements sont les ingrédients pour fabriquer des terroristes. Si on traitait les peuples avec justice, dignité et respect, peut-être pourrions-nous espérer, un jour, une paix durable avec ceux-là mêmes qu'on affuble du nom de terroristes. Pourquoi ne pas essayer ?

Raymond Gravel, Journal de Montréal 2009 01 15

 

http://www.canoe.com/infos/chroniques/raymondgravel/archives/2009/01/20090108-104800.html